Bastia : un colloque pour mieux comprendre pour améliorer la gestion de l’eau

Colloque de St Société scientifique apportera beaucoup d’informations avec un diagnostic surétat des ressources en Corsemais la suite s’écrira à un niveau plus politique pour passer de la recherche à l’investissement.

Nul doute que la pluie de la nuit dernière – 26 mm tout de même – aurait dû apaiser les inquiétudes des édiles, pourtant désorientés cet été car on pouvait compter sur les doigts de la main gauche de Jang Reinhardt pour le colloque de la Société corse des sciences historiques et naturelles*.

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Cela signifie que les pluies d’automne supportent facilement les lamentations des sept derniers mois. Ce symposium, qui a accueilli de nombreux Bastiens et surtout des spécialistes, a été, pour ainsi dire, un condensé de connaissances sur l’eau. Aqua de la vie… et on n’en sait jamais assez sur ce liquide, qui est devenu un problème politique et économique important dans le monde entier.

Si l’allocation et la gestion des ressources ne s’améliorent pas d’ici quelques années, elles peuvent même devenir une source de conflits. Des spécialistes de terrain dans le domaine de la météorologie, de l’hydrologie, de l’agence des ressources en eau, de l’aménagement du territoire, de l’hydrogéologie étaient là pour les conclusions et analyses, en compagnie de la journée portes ouvertes, Francis Marcantei.

“Abandonner le village est un déni de ressources…”

Le maire Talosani nous a dit que son rôle était de fournir une petite illumination locale. (Dans le village), même si nous n’avons pas de problème particulier, nous avons commencé par un inventaire des ressources en eau dont nous disposions. Nous avons dû refaire les fontaines, etc. Intervention immédiate aux sources que nous cherchions à capter. Dans la plaine, Kirnolia est responsable de la gestion de l’eau, mais avec deux sources et un puits… Ça suffit. Ce fut deux années de sécheresse, durant lesquelles nous n’avons pas coupé l’eau, malgré une forte fréquentation l’été. L’abandon du village est aussi l’abandon des ressources, des sources, des sources. Cet été a été un signal d’alarme… »

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Le reste des interventions était plus technique, comme celle de Camille Ceccaldi, ingénieur OEHC. “J’ai évoqué l’impact du changement climatique sur l’île, sur les rivières. Une baisse de 15 % des débits moyens a été notée dans l’étude proposée, mais cette baisse n’est pas uniforme pour chaque mois de l’année, de janvier à octobre. .Les mois de novembre et décembre sont plus productifs. La conséquence en est un niveau d’eau plus serré et plus tard bas. Et vice versa, les coûts maximum augmenteront. La gestion de l’eau devient plus complexe avec toutes ces modifications.”

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Puis l’expert en barrages** Paul Royer a apporté son savoir. Je vais regarder un peu d’en haut, car ma présentation a une portée globale. Objectivement, je pense que la Corse n’est pas en reste en termes de réserves d’eau et de barrages par rapport aux réserves de barrages français et même mondiaux. La tâche principale est d’optimiser la gestion de ces barrages, d’optimiser l’utilisation de l’eau avec ces ouvrages et il existe des opportunités de créer de nouvelles réserves. Les précipitations sont importantes, mais la tendance mondiale est de mieux utiliser les barrages qui ont été construits pour un usage unique et de voir comment d’autres usages peuvent leur être ajoutés. Ce n’est pas facile, mais nous avons des exemples au niveau international et l’expérience de nombreux pays qui montrent que nous pouvons progresser.”

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Qu’en est-il des 100 millions d’euros annoncés par le Premier ministre ?

Gilles Giovannangeli, président du bureau hydraulique, était évidemment là. Il a noté la nécessité de changer les comportements, de se concentrer sur les nouveaux équipements et technologies, notamment dans le secteur agricole. Un récent voyage en Israël l’a montré. « Il faut intégrer, au premier niveau, Padduc (rejeté au PLU et au SCoT) et c’est une question de gestion de l’eau. La récupération des eaux de pluie en fait partie. Le deuxième sujet, non moins important, c’est le retard dans les infrastructures, toute cette gestion des barrages et réservoirs, la production et la distribution d’eau brute dans les communes. De plus, il existe d’anciens réseaux qui font l’objet d’une reconstruction. Avant hier (vendredi, ndlr), à l’Assemblée de Corse nous avons annoncé les orientations et le schéma directeur pour aider les communes et les intercommunalités à les soutenir financièrement. C’est un investissement de 120 millions d’euros sur six ans, et nous voulons l’augmenter grandes infrastructures avec 200 millions d’euros, tout en alignant les structures existantes avec des extensions pour augmenter leur capacité. Nous travaillons également sur de nouveaux réservoirs en Balagne et dans la plaine orientale, ainsi que sur le réseau et les interconnexions. Gilles Giovannageli a ajouté.

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Et environ 100 millions d’euros annoncés par la voix d’Elizabeth Bourne, la Corse gagnera-t-elle le match ? “C’est autre chose. Sur les 40 millions d’euros qui iront à l’Agence des ressources en eau Rhône-Méditerranée, Corse, je ne peux pas vous répondre aujourd’hui sur la répartition de cette aide à la Corse. Il s’agissait d’une discussion à l’assemblée l’autre jour concernant la gouvernance. Nous pensons actuellement que le travail de l’agence de l’eau n’est pas adapté aux intérêts et aux besoins de la Corse. Sans négliger le travail effectué avant… Il n’est plus de mise aujourd’hui compte tenu de nos critères. La Corse risque de ne bénéficier que très peu de cette enveloppe. a noté le président de l’OEHC.

* Sur la gestion de l’eau et le changement climatique, organisée avec le soutien de la Collectivité de Corse, Mairie de Bastia, Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, CAUE.
** Paul Royer a travaillé sur la sécurité des barrages à l’Inrae et est aujourd’hui à la retraite. Il est membre du Comité technique permanent des barrages et ouvrages hydrauliques, un organe qui conseille le ministère de l’Environnement sur tous les aspects de la sécurité.

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