« Jamais, en France, le droit au logement n’a été à ce point menacé »

à partir du 28 novembre, l’Assemblée nationale examine la loi proposée par Guillaume Kasbarian, député (Eur-et-Loir, Renaissance), “afin de protéger les appartements de l’occupation illégale”. Déjà adopté par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce texte vise à lutter contre “squatters” inclut dans cette définition toutes les personnes qui jouissent sans droit ni propriété d’un bien, y compris les bâtiments publics, mais aussi les locataires qui, de bonne ou de mauvaise foi, ont des loyers impayés.

L’une des principales dispositions de la loi vise également à créer une sanction pénale pour les personnes qui restent à leur domicile lors de l’ouverture d’une procédure d’expulsion, même si elles n’ont nulle part où aller. En pratique, cela signifie qu’une mère avec ses enfants, en situation de pauvreté et d’incapacité à payer le loyer, devrait les faire dormir sous les ponts, afin d’éviter la prison. Puisque MP Kasbarian est formel, “un squatter est un délinquant”.

Cette criminalisation de la pauvreté est absolument inédite et s’inscrit dans une série d’attaques menées par Emmanuel Macron contre le droit au logement. L’une des premières mesures prises par le chef de l’Etat, après son élection en 2017, a été la baisse de l’APL (allocation personnalisée de logement) de 5 euros. Le Gouvernement a ensuite mis en place en 2018 le Régime solidaire de réduction des loyers (RLS), qui a fortement réduit les APL perçues par les organismes HLM pour le compte de leurs locataires, entraînant une baisse de leurs ressources.

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La production annuelle de logements sociaux, nécessaire pour loger les Français les plus modestes en milieu urbain, s’est depuis effondrée. Bien qu’il y ait eu 123 000 foyers en 2016, depuis l’introduction du RLS, il y a eu environ 95 000 foyers chaque année. De plus, plusieurs milliers de places d’hébergement d’urgence sont supprimées chaque année, tandis que le nombre d’enfants dormant dans la rue (environ 1 600) n’a jamais été aussi élevé.

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Retour au XIXe siècle

Le droit au logement n’a jamais été aussi menacé en France. Cependant, ce n’était pas toujours le cas. Depuis l’hiver 1954, lorsque l’abbé Pierre a tiré la sonnette d’alarme, la lutte contre le mal-logement a toujours été un marqueur pour la gauche et l’écologie politique. De la grève des travailleurs immigrés à la création de squats dans les années 1970 et 1980, en passant par la structuration des luttes avec l’association Droit au logement (1990) ou le collectif Jeudi noir (2006), les années 1990 et 2000 ont vu de nombreuses mobilisations. .

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