Käthe Kollwitz, Pierre Le Muet, Stéphane Mandelbaum, Jean Nouvel… Les beaux livres de beaux-arts, architecture et lettres sélectionnés par « Le Monde »

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L'artiste allemande Käthe Kollwitz, vers 1910.

« Kathe Kollwitz. Travail 1888-1942 »

Qui en France connaît Käthe Kollwitz (1867-1945) ? Les visiteurs, en 2012, du musée Georges de La Tour, à Vic-sur-Seille (Moselle), qui lui consacraient une petite exposition, ou ceux, en 2019, du musée d’art moderne de Strasbourg, qui montraient une plus grande une. L’artiste allemand était de plus en plus vu en Chine ! Même de son vivant, grâce à l’un des plus grands intellectuels et écrivains de son temps, Lu Xun (1881-1936), qui apprécia son œuvre. Elle y fit une exposition et bien plus tard, à Pékin en 1979, qui eut une forte influence sur le mouvement dissident Les Etoiles., et un autre, en 2009, qui a mis en évidence son influence sur l’art chinois moderne.

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C’est parce que la dissidence était dans sa nature : trois jours après qu’Adolf Hitler soit devenu chancelier en 1933, elle signe un appel avec Heinrich Mann appelant à la constitution d’un front uni des socialistes et des communistes contre le NSDAP, le parti nazi. Le régime lui interdit d’exposer, mais contrairement à Heinrich Mann qui s’exile, elle décide de rester en Allemagne. Elle fait ce qu’elle a toujours fait, dessine, grave, sculpte, pleure ses morts (son petit-fils est tombé sur le front de l’Est, tout comme son fils, dans une tranchée en Belgique en 1914) et leur érige des monuments, à sa manière.

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En témoigne la très belle, rigoureuse et nécessaire monographie qui lui est consacrée, publiée par Martin de Halleux en collaboration avec le Käthe Kollwitz Museum de Cologne. A 26 ans, elle est déjà attirée par les thèmes de société : après avoir tenté d’illustrer GerminalZola, se concentre sur une série inspirée de la “révolte de la faim” des tisserands silésiens en 1844. Quatre ans de travail pour six planches en taille-douce et déjà un résultat magistral.

Il sera suivi, entre autres, d’un cycle sur la guerre des paysans allemands en 1524-1525. – le premier soulèvement populaire fondé sur des revendications précises (inspirées de Luther, qui les a rejetées) -, des affiches qui ne plaisent pas (l’Impératrice a refusé de visiter l’exposition de 1906 sur les devoirs, jusqu’au retrait de son dessin de l’ouvrier épuisé), plus une cycle de gravures sur bois intitulé “Guerre” (1918), mais aussi de sculptures, une technique qu’elle a apprise de Rodin, entre autres. Elle était célèbre au début des années 1930. D’où la volonté des nazis de détruire son œuvre : ses œuvres ont été retirées des musées, détruites ou vendues aux enchères. Elle est décédée le 22 avril 1945, quelques jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ha. B

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