La Rémunération des actionnaires n’est pas celle que l’on croit… | L’Économie hors la tour d’ivoire | Michaël Lainé

C’est ce qu’il y a de terrible dans l’idéologie. Il sera ignoré. Il est tellement habitué à ses réponses qu’il étouffe les questions dans l’œuf. Recevoir une rémunération des actionnaires. La croyance tacite dans les salles de marché et les écoles de commerce est que tous les bénéfices sont dévolus aux actionnaires, qui sont considérés comme les propriétaires de l’entreprise. Cela se transforme en une façon unique de calculer leur salaire, c’est-à-dire le ROE (en français “rentabilité financière”), qui est déterminé en divisant le résultat après impôts par les fonds propres :

CHEVREUIL

Par “capital”, nous entendons non seulement l’argent apporté par les actionnaires à la société, appelé “capital autorisé”, mais également tous les bénéfices accumulés au cours de son existence. Ainsi, cette simple mesure technique trouve son arrière-plan dans une forme spécifique d’économie. Par conséquent, lorsqu’une décision est prise en assemblée générale d’affecter une partie des bénéfices au financement de l’activité économique, cela signifie qu’il renonce aux frais de justice. L’autofinancement serait un abus de langage, car littéralement seuls les actionnaires directement – c’est le “capital social” – ou indirectement – les dividendes auxquels ils renoncent seront financés par

Cependant, les choses peuvent être vues différemment. Parce que la société est au cœur de la production et de l’échange de richesses, elle ne peut être considérée comme le bien commun des actionnaires. On peut également soutenir que tel n’est pas le cas, le droit semblant tiraillé entre ces deux notions dans une entité autonome, l’entité commerciale, la création de ses propriétaires, et l’entité commerciale. En fait, c’est l’entreprise qui contracte, s’endette et achète les moyens de production, pas les actionnaires. Juridiquement, la propriété se définit par le droit de « disposer des choses de la manière la plus absolue ». a dit Article 544 de notre cher Code civil. Cependant, les actionnaires n’ont pas le droit de faire ce qu’ils veulent de « leur » entreprise. La gestion est principalement confiée aux managers et aux salariés. Bien sûr, cela est possible aussi propres actions, mais ils ne contrôlent pas le sort de l’entreprise. Par la suite, la loi impose l’existence autonome de l’entreprise, puisqu’il y a délit de “détournement de biens sociaux” si un dirigeant, actionnaire ou non, place ses intérêts au-dessus de ceux de l’entreprise. Enfin, en comptabilité, l’entreprise doit aux actionnaires, et leur apport figure au bilan. Il n’y a pas confusion entre eux, mais séparation. Au contraire, l’expression “fonds propres” est un abus de langage car elle renvoie en fait à la responsabilité.

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On devine quel design sera préféré. Il est très important de transférer l’entreprise uniquement aux actionnaires. Il comprend toutes sortes de « parties prenantes », des employés aux fournisseurs, en passant par les administrations et la société au sens large. Quel rapport avec notre objectif initial ? Si l’on considère l’entreprise comme une institution partiellement reconnue par la loi, le bénéfice appartient à l’entreprise. Par conséquent, la rémunération des actionnaires ne peut pas être calculée en divisant le bénéfice net d’impôts par les “fonds propres”, mais uniquement par l’argent qu’ils ont apporté, c’est-à-dire le “capital autorisé”. Cependant, une difficulté surgit. Cet argent aurait pu être apporté beaucoup plus tôt. Par conséquent, l’inflation accumulée depuis lors doit être prise en compte, car l’euro en 2002, par exemple, ne vaut pas la même chose que l’euro aujourd’hui. Je fais ces calculs complexes depuis un quart de siècle sur la base des données Refinitiv-Eikon.[i], qui enregistre les pièces comptables de 655 sociétés françaises immatriculées. Cette façon de faire convient mieux à l’autre nom des actionnaires, qui supportent les risques de l’activité économique des capitalistes. En fait, les “fonds propres” désignent en fait l’argent mis en jeu que les actionnaires risquent de perdre si l’entreprise fait faillite. Dans ce contexte, l’inclusion des bénéfices accumulés dans la mesure de la rémunération fausse les choses, puisque ces sommes n’ont jamais été puisées dans les poches des capitalistes, mais produites par l’entreprise.

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On peut aussi considérer que le paiement des actionnaires est en fait le rapport de l’argent avancé sur l’argent effectivement reçu, c’est-à-dire que les dividendes versés sont divisés par le capital social. On termine donc par deux calculs, dont le second est peut-être le plus pertinent.

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Considérons la première mesure, qui peut être appelée « ROE potentiel » ou « PROE ». Cela représente les gains potentiels des actionnaires, car nous divisons les résultats nets des entreprises par le capital social ajusté à l’inflation :

PROE

Cela donne un rendement de 63,6% sur la période 1997-2021.

Considérons une deuxième mesure, plus pertinente, qui peut être appelée “True ROE” ou “TROE”. Cela représente les gains réels des actionnaires, car les dividendes versés sont divisés par le capital social augmenté de l’inflation :

TROE

Le rendement réel des actions françaises est de 27,6 % sur la même période. Il convient de noter que cela est vrai par rapport au rôle qu’elle joue effectivement dans le financement de l’activité économique. Ce calcul ne mesure pas le rendement du point de vue de l’actionnaire, puisqu’il peut avoir acheté l’action à un autre détenteur à un prix différent du prix émis par la société. Le fait est que les capitalistes facturent des frais très favorables par rapport à leur utilité.

[i] Je remercie les amis de Clerce de m’avoir donné accès à cette base de données.

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