La Russie va envoyer un vaisseau de secours vers l’ISS après une fuite – 11/01/2023 à 22:25

Vaisseau spatial

Le vaisseau spatial Soyouz MS-22 au cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan le 21 septembre 2022. (AFP/NATALLYA KALESNIKAVA)

La Russie a annoncé mercredi qu’elle enverrait une embarcation de sauvetage à la Station spatiale internationale le 20 février pour ramener trois membres d’équipage dont l’avion a été endommagé lors d’un impact le mois dernier.

Le vaisseau spatial Soyouz MS-22, actuellement amarré à l’ISS, a subi une fuite spectaculaire de liquide de refroidissement à la mi-décembre. Les images montrent un flux de particules volant dans l’espace depuis l’arrière du navire russe.

Après avoir examiné l’état de l’engin spatial, l’agence spatiale russe (Roskosmos) a annoncé mercredi qu’elle préférait envoyer un autre engin spatial, le Soyouz MS-23, pour ramener deux cosmonautes russes, Sergei Prokopyev et Dmitry Petelin, ainsi que l’astronaute américain Frank Rubio.

“Il a été décidé d’envoyer le vaisseau spatial Soyouz MS-23 le 20 février 2023, sans passagers, mais avec du matériel, selon le communiqué de Roscosmos.

Le lancement de cet appareil était initialement prévu pour le 16 mars, et il était censé acheminer trois autres passagers vers l’ISS.

“Nous n’appelons pas cela un Soyouz de remplacement”, a déclaré Joel Montalbano, responsable du programme ISS au Johnson Space Center de la NASA à Houston. “Je l’appelle un Soyouz de remplacement.”

“L’équipage est actuellement en sécurité à bord de la station”, a-t-il poursuivi.

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La date de retour des deux Russes et de l’Américain, initialement prévue le 28 mars, n’a pas été annoncée. Mais leur mission sera prolongée “de quelques mois”, a indiqué le directeur du département des vols habités de Roscosmos, Sergueï Krikalev, lors de la conférence de presse.

En outre, l’engin endommagé reviendra sur Terre vide, probablement entre la mi-mars et la fin mars, a-t-il déclaré.

– Scénarios d’urgence –

En attendant l’arrivée d’un vaisseau de secours, en cas d’urgence qui conduirait à devoir évacuer l’ISS, les agences spatiales russe et américaine étudient plusieurs scénarios. Ils ont souligné qu’une telle possibilité reste hautement improbable.

Le 20 février, la Russie enverra une mission de sauvetage à l'ISS après un incident qui a endommagé un vaisseau spatial amarré à la station

Le 20 février, la Russie enverra une mission de sauvetage vers l’ISS après un incident qui a endommagé le vaisseau spatial Soyouz amarré à la station (AFP / )

Le premier scénario aurait été de faire monter coûte que coûte les trois membres d’équipage à bord du Soyouz endommagé, malgré les inquiétudes sur les températures qui pourraient être atteintes à l’intérieur de l’engin spatial lors de l’atterrissage.

La seconde est de réduire la “charge thermique” à bord du “Soyouz” en raison de la “réduction du nombre d’équipage”.

L’un des trois passagers sera ensuite ramené sur le vaisseau SpaceX, qui est également actuellement amarré à l’ISS.

En effet, en plus des trois membres d’équipage arrivés à bord du Soyouz, l’ISS compte actuellement quatre autres passagers qui sont arrivés à bord de cette capsule SpaceX Dragon — qui doit également les ramener.

L’idée serait donc de fournir une cinquième personne à bord “dans la zone où se trouverait normalement la cargaison”, a expliqué Joel Montalbano, responsable du programme ISS de la NASA.

– Impact de micrométéorites –

La fuite a été découverte le 14 décembre sur le vaisseau spatial Soyouz, alors que deux cosmonautes russes s’apprêtaient à se lancer dans l’espace.

Une première évaluation de la cause de la fuite de liquide de refroidissement a soulevé la possibilité d’un impact de micrométéorite naturelle, de débris artificiels en orbite ou d’une défaillance de l’équipement.

Mercredi, Roscomos a déclaré que la version de la chute d’une micrométéorite est “prouvée expérimentalement”. Selon l’agence russe, il a ouvert un trou “d’un diamètre inférieur à un millimètre” dans le tuyau de refroidissement.

Compte tenu de la vitesse à laquelle les experts pensent que l’objet a heurté l’ISS, il ne peut s’agir que d’une “météorite venue d’une direction aléatoire” et non d’un débris qui “n’aurait pas pu rester sur cette orbite” à cette vitesse. , a expliqué Syarhei Krikalev.

L’agence russe a exclu toute défaillance mécanique.

Pour Vitaly Egorov, expert spatial russe, les décisions annoncées mercredi par Roscosmos sont “optimales pour assurer la sécurité (de l’équipage) et minimiser les dommages au programme spatial”.

L’ISS est l’un des rares domaines de coopération entre Moscou et Washington depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, qui a débuté le 24 février, et les sanctions occidentales qui l’ont suivie.

Le mois dernier, le chef de Roscosmos, Yuri Borisov, a rendu hommage à la solidarité des Américains à bord de l’ISS, qui “nous ont prêté main forte” à un moment où les relations entre le Kremlin et la Maison Blanche sont au plus bas. .

La Station spatiale internationale a été lancée en 1998 pendant une période de coopération américano-russe après la course à l’espace dans laquelle les deux pays se sont engagés pendant la guerre froide.

Plusieurs problèmes techniques, en plus des scandales de corruption, ont terni la réputation du secteur spatial russe ces dernières années, qui rivalisait avec celui américain lors de la course à l’espace.

La déception du Soyouz MS-22 illustre les risques qui continuent d’exister malgré les avancées technologiques qui permettent de calculer et de prédire la trajectoire des objets spatiaux, s’ils ne sont pas trop petits.

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