L’avenir incertain du Cameroun après quarante ans de règne de Paul Biya

Paul et Chantal Biya, lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations, le 6 février 2022, à Yaoundé.

Analyser. Après quarante ans à la présidence du Cameroun, Paul Biya, à 89 ans, pourrait consacrer ses forces à apprendre sa science de la longévité au pouvoir. L’école aurait alors son siège en Centrafrique, où quatre autres dirigeants, certains remplacés par leur fils, s’accumulent avec lui pendant plus de deux siècles à la tête de leur pays (République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad).

Paul Biya a laissé le temps à ses concitoyens de décortiquer son style de gouvernance. Une existence subtile, un retrait de la vie politique qui lui a permis d’occuper sa position de fantôme, au courant de tout mais responsable de rien, et enfin, un savoir sans pareil pour éliminer tous ceux qui, parmi ses adversaires et plus encore, ses lieutenants. , après l’ambition affirmée, assumée ou suspectée de prendre sa place au palais présidentiel d’Etoudi.

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L’ancien secrétaire général de la présidence, Marafa Hamidou Yaya, est en “rétention arbitraire”, selon les Nations Unies, depuis plus de dix ans ; Edgar Alain Mébé Ngo’o, ancien ministre de la défense tout-puissant, attend depuis plus de trois ans d’être jugé pour corruption et vol de deniers publics ; l’opposant Maurice Kamto, qui a osé contester la réélection de Paul Biya en 2018, est également resté en prison et ses proches continuent de remplir les cellules de la maison d’arrêt Kondengui à Yaoundé. Il y a trente ans, John Fru Ndi, alors “Le candidat du changement”connut peu ou prou le même sort, assigné à résidence pendant près de deux mois après avoir proclamé sa victoire “volée”.

La succession au cœur des préoccupations

Étourdissant de ses propos, Paul Biya se découvre à travers quelques petites phrases ironiques – “Ce n’est pas qui veut rester au pouvoir, mais qui peut”, il avait été lancé en 2015 lors d’une visite de François Hollande – et s’amuse à se poser des questions sur son avenir. “A l’expiration de ce mandat, on vous dira si je reste ou si je vais au village.”avait-il annoncé d’une voix tremblante en juillet, aux côtés d’Emmanuel Macron, à un journaliste de RFI qui l’interrogeait sur ses intentions pour 2025.

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Pourtant, la question de sa succession est, depuis des années, au cœur des préoccupations du Cameroun. « Que va-t-il se passer le lendemain ? C’est le seul sujet de discussion, même si chacun fait attention aux mots qu’il emploie, lié à Stéphane Akoa, politologue et chercheur à l’Institut Paul Ango Ela de Yaoundé. Cette situation suscite beaucoup d’inquiétude car personne ne croit à l’application stricte de la Constitution et aucun scénario clair ne se dégage. Nous sommes maintenant dans un état végétatif. On ne sait pas qui décide. L’énergie est absorbée par cette échéance et personne ne prend la tête de peur de tout perdre. »

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