Le Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez récompense l’audace et la jeunesse

Prenez de la hauteur et échauffez vos zygomatiques. C’est la devise du Festival de l’Alpe d’Huez, rendez-vous incontournable du cinéma d’humour niché dans la station iséroise à 1860 mètres d’altitude. Samedi, lors du match aller d’un marathon de six jours, Frédéric Cassoly et Clément Lemoine, organisateurs de la FAH, ont affiché leur satisfaction sous un soleil radieux. Les festivaliers étaient présents pour assister gratuitement aux projections données dans le Palais des Sports et des Congrès, transformé en temple de la comédie française.

« Le public est de retour dans la salle, massivement. L’an dernier, c’était encore un peu compliqué avec les mesures sanitaires. Une certaine catégorie de la population, notamment les personnes âgées qui représentent une grande partie du public à l’Alpe, hésitait encore à venir. Cette année, nous avons ressenti une réelle envie de nous retrouver et de rire ensemble, toutes générations confondues.” s’est réjoui Frédéric Cassoly à quelques heures de la soirée de clôture du dévoilement du palmarès du jury présidé par Karin Viard. Un palmarès qui a fait la part belle à la jeunesse et au talent.

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Mélanie Auffret, une enfant de l’Alpe d’Huez

Ainsi le Grand Prix a été décerné à Benjamin Lehrer pour son film 38°5 Quai des Orfèvres avec Didier Bourdon et Camille Anglade. Un OVNI entre Cité de la peur un pastiche de ça Le silence des agneaux, parfois sinueuse, mais pleine d’idées (l’indomptable Artus en médecin légiste). Sur un tout autre ton, la jeune réalisatrice Mélanie Auffret s’impose comme la grande gagnante de cette édition. Son film Les petites victoiresune comédie rurale sur le sacerdoce du courageux maire d’un village breton (l’extraordinaire Julia Piaton) a remporté le Prix spécial du jury et le Prix du public.

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Un couronnement mérité pour le réalisateur et scénariste vannois. “Je suis né professionnellement ici” a souligné Mélanie Auffret qui a été sélectionnée à l’Alpe en 2017 avec son premier court métrage, puis deux ans plus tard avec son premier long métrage, Roxanne. “Mélanie est une enfant de l’Alpe d’Huez, comme Philippe Lacheau qui s’est révélé au public avec Baby Eistedd présenté au festival en 2014” se souvient Frédéric Cassoly.

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Brune Moulin, talent brut à suivre de très près

Les récompenses d’interprétation ont également été monopolisées par la nouvelle génération. Le talentueux William Lebghil remporte celui de l’interprète masculin pour son score incroyable dans Les complices du crime, une comédie sous forme de thriller mettant en scène Laura Felpin et François Damiens en tueur à gages dépressif. De son côté, Brune Moulin s’impose définitivement comme la révélation de cette édition.

A tout juste quinze ans, elle brille dans le beau film de Victoria Bedos, Le plus beau pour aller danser : une version moderne de l’histoire de Marie-Luce, une adolescente inadaptée qui découvre un pouvoir magique indéniable en se déguisant en garçon. Samedi soir, en recevant son trophée, elle n’a pu retenir ses larmes de joie : “Et dire que j’ai un contrôle de maths lundi” a eu le plaisir de la jeune actrice autodidacte. Talent brut à suivre de très près…

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Dix films en compétition

Entre autres belles propositions de ce numéro, nous retiendrons Homme heureux de Tristan Séguéla, une comédie sur l’éphémère portée par le duo Fabrice Luchini-Catherine Frot. Sans oublier le film Québec et 23 décembre de Miryam Bouchard, une comédie chorale sur un Noël chaotique, couronnée du Coup de Coeur du Jury. Sur les dix films en compétition, certains ont été plus décevants. C’est le cas de Bonté divine! de Laurent Tirard (Molière, Le Retour du Héros, Le Discours) sur les aventures de cinq religieuses (Valérie Bonneton, Camille Chamoux…) déterminées à gagner une course cycliste pour sauver les Ehpad de leur village.

Une comédie bien trop ridicule pour être prise au sérieux. Participation à la sélection officielle de A la plus belle étoile de Sébastien Tulard est aussi une surprise. Un ingrédient essentiel – l’humour – manque à ce film qui s’inspire de la success story de Yazid Ichemrahe, un enfant d’Epernay devenu champion du monde de pâtisserie, interprété par le youtubeur Riadh Belaïche.

Au-delà de ces doutes, l’affiche FAH 2023 dépeint toute la richesse du cinéma comique. « La gamme est très large. On passe d’Alibi.Com 2 de Philippe Lacheau, une mitraillette de gags et de vannes, à des comédies plus sentimentales, engagées, des films spécialisés » souligne Antoine Bertrand, acteur québécois au talent XXL, membre du jury (aux côtés de Bérengère Krief, Camille Chamoux et Stéphane Foenkinos). Réchauffement climatique, vieillesse, ruralité, questions d’identité et de genre…

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La comédie française a une nouvelle fois montré son appétence pour les sujets de société. “ La tendance actuelle est aux films dits “familiaux”, des relations entre générations basées sur la bienveillance, l’échange, l’enrichissement mutuel”, analyse Clément Lemoine. Un thème traité avec finesse, humour et poésie dans Le plus beau pour aller danser de Victoria Bedos où Marie-Luce vit entourée de personnes âgées dans la pension tenue par son père niant la mort de sa femme. Présenté à la fin du festival, petit miracle, de Sophie Boudre a également couronné le public d’Alpe. Une histoire, inspirée de faits réels, d’une enseignante (Alice Pol) qui, après l’incendie de son école, place sa classe dans une maison de retraite qui est portée à bout de bras par son directeur sur le point de s’éteindre (Jonathan Zaccai) . On retrouve également Eddy Mitchell dans un rôle taillé sur mesure de retraite grincheuse et tendre à la fois. La sexualité des seniors (sur fond de trafic d’êtres humains viagra), le sort du personnel soignant en sous-effectif, la transition entre les personnes âgées et les enfants… Autant de thèmes à aborder, sans une once de pathétique, avec une savante dose d’humour et émotion.

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