les « success stories » ne sont pas qu’une question d’argent

L’entrepreneuriat est au cœur des préoccupations actuelles en tant que vecteur d’emploi, d’insertion et de transition en France et dans le monde. Les pouvoirs publics promeuvent fortement la dynamique de l’entrepreneuriat, remportant plusieurs succès : en 2021, l’augmentation du nombre de créations d’entreprises en France sera de 17 %.

Néanmoins, le monde de l’entrepreneuriat est polymorphe, et la palette de la réalité va des animaux fantastiques rêvés – licornes (pour les startups à plus d’un milliard de dollars) et gazelles (startups à croissance rapide) – aux entrepreneurs par nécessité, 64% des les organisations établies sont les micro-entreprises (moins de 10 personnes et chiffre d’affaires limité) à connaître.

De nombreux mythes entourent également l’entrepreneuriat : en particulier, les mondes académique et économique n’ont jusqu’à présent pas réussi à identifier les caractéristiques des entrepreneurs qui réussissent.



Lire la suite : Un miracle entrepreneurial pour tous


Présenté au colloque en ligne Congrès international francophone entrepreneuriat et PME (CIFEPME) 2020, cet article a pour objectif de suggérer la décentralisation en proposant une approche par les ressources : nous décrivons le capital entrepreneurial comme un ensemble de déterminants, humains, culturels, sociaux, économiques , financiers, symboliques, physiques et psychologiques, qui activent le processus entrepreneurial et sont les éléments principaux de l’évaluation du projet de création d’entreprise.

“L’argent n’est pas le problème”

Une telle approche ne fait qu’apporter un éclairage supplémentaire sur le capital financier pour identifier d’autres formes de ressources mobilisables dans le processus entrepreneurial. De plus, cette vision dynamique permet de souligner que chaque forme de capital peut être valorisée, accumulée, valorisée, amortie ou convertie selon le contexte social.

[Près de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd’hui]

Quand on parle de capital, la première définition qui vient à l’esprit est que le capital économique et financier est une combinaison facilement mesurable et agrégée de plusieurs types de richesse comme les moyens de production, les titres, l’immobilier et tous les autres héritages. La littérature reconnaît un rôle clé dans le succès et la stabilité de l’entreprise : la probabilité de succès des nouvelles entreprises et leur performance initiale dépendent de leurs ressources financières initiales, quels que soient l’environnement et l’organisation.

Différents capitaux qui composent le capital entrepreneurial.
Soumis par l’auteur

Il est important de noter que si l’apport initial est élevé, il est plus facile d’attirer des fonds supplémentaires, le capital crée ensuite un cercle vertueux, comme le démontre un cadre supérieur qui a acheté une entreprise dans la cinquantaine :

“L’argent n’est pas un problème. Plus il est grand, plus il est facile d’obtenir un prêt. Un apport de 50 000 euros en garantie de fiabilité pour une box évaluée à 10 millions d’euros n’est pas un problème. »

De plus, le capital social ou humain peut être converti en capital financier, les réseaux peuvent être mobilisés pour attirer des fonds ; un diplôme ou une œuvre d’artiste peut également apaiser les banques enclines au crédit. Ensuite, une personne avec d’autres formes de capital aura une dynamique positive, au contraire négative.

” Ne jamais abandonner “

Le capital physique, caractérisé comme la santé, premier actif immatériel d’un entrepreneur, s’accompagne d’un capital psychologique, d’auto-efficacité, d’espoir, d’optimisme ou encore de résilience comme ressources internes de l’entrepreneur : le capital psychologique est associé à une meilleure performance, une perception réduite. stress, une attitude positive, une meilleure satisfaction au travail et un engagement plus fort.

Ces compétences sont particulièrement nécessaires pour un entrepreneur, comme en témoigne le témoignage d’Helena :

« Il y a une sorte de tigre en moi ; Si je n’avais pas eu un tel destin, serais-je devenu un tel guerrier ? J’ai une vraie détermination, une grande force de caractère : je veux quitter le monde de l’entreprise, où les femmes sont toujours prises en otage, et j’ai décidé d’ouvrir ma propre entreprise… Je suis au chômage, je ne sais pas comment. De nombreuses fois et à chaque fois j’ai essayé de rebondir, de me dire “il y a toujours une solution”… ma devise est : quoi qu’il arrive, ne jamais abandonner.

Le capital humain et culturel peut s’acquérir par l’éducation, la formation et l’expérience professionnelle : c’est une somme de compétences physiques et intellectuelles – savoirs et connaissances, compétences, capacités. La recherche montre que l’enseignement supérieur et l’expérience en gestion, par exemple, sont des éléments clés dans la réussite d’un projet de création d’entreprise, ainsi que la confiance en soi (auto-efficacité accrue), l’identification de nouvelles opportunités, ou avoir une expérience entrepreneuriale antérieure pour aider à la maîtrise. réseaux nécessaires.

La carrière de Frédéric Mazzella est impeccable à cet égard. Le futur créateur de BlaBlaCar, bon élève, intègre Normale Sup, puis part à Stanford pour étudier l’informatique et revient avec confiance, il va monter sa propre entreprise :

« Je n’avais aucune connaissance en affaires. En général, j’attache une grande importance à l’éducation. Je ne me voyais pas entrer dans quoi que ce soit, a fortiori l’entrepreneuriat, qui n’a jamais été étudié auparavant. »

La théorie du capital social fait référence à la capacité des acteurs à bénéficier des structures sociales, des réseaux professionnels, des structures familiales et de diverses autres sphères auxquelles ils appartiennent. L’étude souligne l’importance d’intégrer les parties prenantes au projet entrepreneurial et d’utiliser ses réseaux, en commençant par les structures d’accompagnement : Chambre de Commerce, Rotary Club, Business Angels, Pepite, etc.

Méta-capital

Deux créatrices des cosmétiques MÊME pour les femmes atteintes de cancer en témoignent :

« Nous avons intégré l’incubateur HEC, puis l’incubateur Sciences Po. Chacun de nous nous a apporté des compétences uniques, des contacts utiles, et à Sciences Po nous avons trouvé des bureaux. nos actions.”

Ils rejoignent également le Cancer Campus, un incubateur de l’Institut Gustave-Roussy, centre de cancérologie leader en Europe, qui leur apporte le soutien scientifique nécessaire. L’effet incitatif d’avoir un parent ou un ami proche entrepreneur est également très fort : ce dernier peut compenser un capital humain (compétences managériales) ou des contraintes financières et offrir un soutien affectif précieux (capital psychologique).

Enfin, le capital symbolique est un type de méta-capital qui survient lorsqu’un autre capital (économique, social, culturel) est reconnu par la société. Il se manifeste sous une forme matérielle : nom, éducation, spa, vêtements, pratique sportive et culturelle, langue et repose sur la perception dans le groupe d’autres formes de capital de propriété : pouvoir, savoir, prestige, réputation, diplôme, titres honorifiques. , et d’autres.

Un capital symbolique fort permet à un entrepreneur de jouir d’une confiance basée sur son nom, sa réputation, son visage, même sans expertise ni ressources financières. C’est donc une alchimie spécifique de différentes formes matérielles de capital, financier, humain, social, qui les transforme en un puissant capital immatériel et relationnel, dont la conversion s’effectue dans les deux sens.

Des “success stories” de “serial entrepreneurs” naissent de ce capital, comme Free ou Benjamin Saada, le fondateur d’Expliseat et de Fairmat, un visionnaire, bourré de diplômes, 15 brevets à son actif, et chouchous des “deep technologies”. (entreprises qui développent des techniques innovantes), peuvent lever la coquette somme de 8,6 millions d’euros au stade de la start-up : en quelque sorte des “entrepreneurs de pointe”.

L’entrepreneuriat n’est donc pas qu’une question de motivation ou d’argent : l’évaluation du capital entrepreneurial de l’entrepreneur dans toute sa diversité est un élément clé pour apprécier sa capacité à mettre en œuvre son projet. , ce qui permet de fournir des outils robustes. pour accompagner les structures, notamment le véritable baromètre dynamique et complet. Ce capital est stocké, échangé, valorisé et nécessite des arbitrages : investir pour transformer le capital financier en capital humain, par exemple, est complexe, chronophage, mais peut être rentable pour un entrepreneur.

Source

Lire Aussi :  Interpol intercepte 130 millions de dollars issus de fraudes commises en ligne

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button