Mayotte prise dans une spirale de violence entre bandes rivales

Des voitures ont été incendiées à M'Tsapere (Mayotte), après de nouvelles violences entre gangs rivaux, le 21 novembre 2022.

« Allez le blues, allez le blues ! » Autour du terrain de football de Kawéni, ce samedi 19 novembre, tout le village de la commune de Mamoudzou se tient derrière son équipe. Elle fait face à M’Tsapéré, village du sud de la capitale, avec qui elle entretient une rivalité historique. Au rythme des biwis (claves traditionnels), des tambours et des chants, l’ambiance pourrait sembler bon enfant. Elle est électrique. Alors que les joueurs des deux équipes se taillaient les cuisses sur le terrain sec plein de poussière, quelques jeunes supporters profitaient de chaque occasion pour déjouer les gendarmes mobiles venus encadrer la rencontre à haut risque.

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Les militaires comme les jeunes savent que la vraie bataille se joue ailleurs. Cinq kilomètres plus au sud, aux confins des villages de M’Tsapéré et de Doujani. Une semaine plus tôt, un jeune de Kawéni avait été tué à M’Tsapéré, tué par un gang de Doujani, dans un élan de haine féroce. Mercredi, dans le nord, à Majicavo, des jeunes élèves de Kawéni ont été attaqués à coups de machette, dans un bus scolaire qui avait été arrêté de circuler parce que des garçons lançaient des pierres. “MJK”, comme on appelle ce village rival. Une attaque symbolique, dans un climat de violence de plus en plus intense au département des affaires étrangères.

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La même semaine, au sud de Mamoudzou, la main d’un écolier a été coupée par un agresseur qui est monté dans le bus avec sa machette. Sur la route, quand les gangs ne s’affrontent pas, les rackets violents des automobilistes et des deux-roues se multiplient. Si, il y a deux ans, les pierres étaient le principal outil des jeunes violents, il semble maintenant que l’usage des machettes soit la règle.

Ce samedi, alors que certains songent au foot à Kawéni, près de 200 jeunes du village prennent le chemin de la guerre, avec leurs armes tranchantes et leurs masques. Il faut venger, par tous les moyens, les morts et ceux qui ont été blessés, lors de ce que de nombreux habitants de Mayotte appellent “le jeu du retour”. Par petits groupes, sur la route ou les collines qui entourent la capitale, les combattants obstruent la surveillance policière, pourtant accrue par les derniers événements.

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Une douzaine de maisons ont été incendiées

Une alliance circonstancielle se noue avec le village de M’Tsapéré, également en guerre avec Doujani. En milieu de matinée, tout le monde se rassemble, tapi dans la campagne environnante. Lorsque la première attaque est lancée, les groupes de Doujani qui attendaient ce moment réagissent avec force. Lorsqu’un groupe s’enfuit, l’autre met le feu derrière lui.

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