« My Window », « Une histoire des lointains », « Bras. Le goût de l’Aubrac »… Cinq beaux-livres pour Noël

PAPIER DU MATIN

Cette semaine on vous conseille de beaux livres à glisser sous le pin : l’art contemporain avec David Hockney ou le siècle dernier avec Käthe Kollwitz, le cinéma des années 70 avec Romy Schneider et Claude Sautet, l’histoire venue d’ailleurs de Georges Vigarello et la haute cuisine avec le chef Sébastien Bras.

ART. “Ma fenêtre” de David Hockney

Permettez-moi de lire son court avant-propos Ma fenêtreDavid Hockney pourrait passer pour un vieil homme endormi qui, pendant des années, n’a pas voulu bouger de sa chambre, se contentant de reproduire inlassablement des bouts de paysage qu’il voyait par la fenêtre : “Fleurs et lever de soleil à Bridlington”lieu de villégiature dans le Yorkshire. “Je n’ai même pas eu besoin de sortir du lit”, il a écrit. Paresseux, endormi ? Les 240 pages suivantes montrent exactement le contraire.

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Ma fenêtre est un livre joyeux et somptueux signé par un artiste qui, de matin en matin, ne cesse de créer, d’innover, de douter, de recommencer. Un jeune homme de plus de 80 ans bien décidé à apprivoiser les nouveaux outils à sa disposition – iPhone et iPad – afin de capter toute la beauté du monde. Pas un jour ne se passe sans travail, ni même quelques-uns.

Les cent vingt que l’auteur a choisis ici ont été édités pour la première fois dans un coffret de 12 kg vendu 3500 euros pièce. Le livre de poche édité pour les vacances semble, sinon accessible à tous, du moins avec un poids (2,7 kg) et un prix (100 euros) plus acceptables. Ses cartes électroniques sont magiques. Denis Cosnard

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« Ma fenêtre », David Hockney, Taschen, 248 pages, 100 €.

ART. « Kathe Kollwitz. Travail 1888-1942 »

Qui en France connaît Käthe Kollwitz (1867-1945) ? Les visiteurs, en 2012, du musée Georges-de-La-Tour, à Vic-sur-Seille (Moselle), ou ceux, en 2019, du musée d’art moderne de Strasbourg. L’artiste allemand était de plus en plus vu en Chine ! Là, à Pékin, elle a eu une exposition en 1979 qui a fortement influencé le mouvement dissident Les Etoiles.

La dissidence était dans sa nature : trois jours après qu’Adolf Hitler soit devenu chancelier en 1933, elle a cosigné un appel appelant à l’établissement d’un front uni des socialistes et des communistes contre le parti nazi. Le régime lui interdit d’exposer, mais elle décide de rester en Allemagne. Elle fait ce qu’elle a toujours fait, dessine, grave, sculpte, pleure ses morts et leur érige des monuments, à sa façon. C’est ce que montre cette très belle monographie, rigoureuse et nécessaire.

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A 26 ans, elle est déjà attirée par les thèmes de société : après avoir tenté d’illustrer Germinal, Zola, se concentre sur une série inspirée de la “révolte de la faim” des tisserands silésiens en 1844. Quatre ans de travail pour six planches en creux et déjà un résultat magistral. S’en suivra, entre autres, un cycle sur la guerre des paysans allemands de 1524-1525, des affiches, mais aussi des sculptures, une technique qu’elle a entre autres apprise de Rodin.

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