Travailler avec un cancer, un défi d’ampleur pour salariés et entreprises

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Paris (AFP) – La « grossièreté » des collègues, la peur d’être un « fardeau », la fatigue… Ce n’est pas facile de travailler avec le cancer, mais le problème du maintien dans l’emploi est encore plus important, car la qualité de vie des « s » est s’améliore d’année en année, disent les experts. .

“Chaque année, environ 400.000 personnes découvrent qu’elles ont un cancer. 40% d’entre elles, soit 160.000 personnes ont un emploi”, rappelait Norbert Ifrah, Institut national du cancer (INCa) au début du symposium. “Vivre et Travailler avec le Cancer” à Paris cette semaine.

“Il est temps de travailler ensemble sur ce sujet”, surtout maintenant que la survie s’améliore et qu'”au moins 60% des adultes atteints de cancer sont guéris”, poursuit-il.

Mais si le travail contribue à une meilleure qualité de vie et, comme l’a dit Marie, survivante du cancer du sein, dans un témoignage vidéo diffusé lors de la conférence, lui permet de “garder les pieds dans la réalité”, concilier maladie et travail reste compliqué. . Une personne sur cinq qui travaillait au moment du diagnostic ne travaille plus après cinq ans.

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La stigmatisation avec l’idée que ‘ça peut être contagieux’, ‘l’impolitesse’ chez certains collègues, ainsi que les séquelles… il y a tellement d’obstacles.

“Je ne m’attendais pas à être aussi fatiguée”, déclare Marie Mendelsohn. À l’automne 2018, on lui a diagnostiqué un cancer “rare”. De retour dans son entreprise après trois mois, il a été en thérapie à temps partiel pendant un an puis en invalidité.

Nathalie Vallet-Renart, au nom de l’association Entreprises et Cancer, précise que “80% des salariés reprennent le travail dans les deux ans suivant le diagnostic de cancer”, mais certains craignent d’être “étiquetés” et préfèrent taire leur statut. . cancer » ou « ils ont besoin d’un endroit qui n’est pas associé à cette maladie ».

Cependant, ce chiffre de 80% ne dit rien sur les conditions de reprise des entreprises qui sont “compliquées” pour les managers pris dans la “tension entre performance et faiblesse”.

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“faire des reproches”

Les choses ne se sont pas bien passées pour Véronique Batteux, qui a reçu un diagnostic de cancer du sein fin 2017.

Il a minimisé la situation en entretenant une relation “très mauvaise” avec son employeur, une PME de transport routier. Il est retourné au travail sans l’approbation de son médecin car, dit-il, la “culpabilité” vient avec l’annonce.

“Le monde des affaires est un monde sain (…). Si t’es pas bien, arrête+”, le regard “binaire”, alors “c’est pas si simple”, insiste encore cette femme. en traitement.

Au final, il a quitté son métier “la mort dans l’âme” car il “n’avait aucune connaissance” et “ne contrôlait pas les manettes”.

Aujourd’hui, il estime qu’« un retour au travail réussi est la responsabilité de tous, y compris des malades ».

Un autre témoin se souvient de managers qui “baissaient royalement les yeux” à chaque fois qu’il le rencontrait.

Les dispositifs d’accompagnement des professionnels des administrations ou des grandes associations qui soutiennent l’emploi des travailleurs handicapés, comme l’Agefiph, doivent être mieux renseignés : temps partiel thérapeutique, « essai supervisé », aménagement des postes de travail, horaires de travail. ..

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Solenne Taokali de la Direction générale du travail (DGT) note qu’il y a eu “un nouvel élan” depuis la loi de 2021 sur la santé au travail, notamment le “travail de contact” non médicalisé pour permettre de “maintenir le contact”. lors d’un arrêt de travail.

Le Covid-19 a également introduit des solutions telles que le télétravail. Mais “attention au risque de désagrégation de la communauté de travail”, précise le PDG de l’INCa, Thierry Breton.

“Il n’y a pas de formule magique pour apporter un peu d’intimité à une entreprise”, estime-t-il, “il faut construire des petites choses”, dit-il, notant que les entreprises ont besoin d’accompagnement, notamment les PME, “il ne faut pas savoir comment”. faire » face à ces questions « sensibles ».

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